Entre les limites de la jurisprudence et les degrés de la bonté
Un frère vertueux a continué à me poser la question : « J’ai deux parents à qui je subviens, et deux de mes frères qui vivent avec eux ont un revenu de leur travail, mais ils ne contribuent pas suffisamment aux dépenses de mes parents. Comme tu le sais, je suis marié et je subviens aussi à ma famille. Puis-je donc réduire ce que je donne à mes parents pour faire pression sur mes frères afin qu’ils participent aux dépenses ? »
Je lui ai répondu que j’évitais de répondre aux questions juridiques, car je n’en suis pas digne, et je l’ai orienté vers des fatwas publiées sur le sujet.
Quelques jours plus tard, il m’a envoyé un message vocal où il disait :
« Tu sais, docteur ? Après t’avoir posé la question, je suis allé rendre visite à ma mère, et j’étais en colère contre mes frères pour leur négligence envers nos parents et pour m’avoir laissé porter le plus lourd fardeau. Mais dès que j’ai vu ma mère, mon cœur s’est apaisé et ma colère a disparu.
Puis j’ai parlé à l’un de mes frères de ce sujet, mais pas à l’autre, car je savais qu’il pourrait se mettre en colère et dire à ma mère des choses qu’elle n’aimerait pas entendre.
J’ai donc décidé de ne pas réduire mes dépenses et de les maintenir telles quelles. Et par la grâce de Dieu ! Le lendemain, en allant travailler, mon employeur m’a dit sans préambule :
« J’aimerais augmenter ton salaire. Et je demande à Dieu de t’accorder plus de facilités et de bénédictions. »
Et ce n’était même pas le moment des augmentations de salaire !
J’ai été surpris par cette subsistance que Dieu m’a envoyée sans que je m’y attende. J’ai fondu de honte devant la générosité de Dieu envers moi… L’augmentation ne m’importait pas autant que la douceur de Dieu, Sa miséricorde et Sa générosité, ainsi que le sentiment de Sa proximité. Et je demande à Dieu de ne plus jamais songer à réduire les dépenses envers mes parents. »
Ce qui est à retenir : Dans ce genre de situation, il peut y avoir une issue juridique ou une marge de manœuvre, mais il existe un degré supérieur : ne pas limiter ta relation avec tes parents aux seules limites du permis et de l’interdit, mais plutôt veiller à leur dignité, à leurs sentiments, et à ce qu’aucun d’eux ne se sente devenir un fardeau pour son enfant, tout en cherchant la récompense pour avoir préservé tout cela.
Continuer à leur témoigner de la bonté, non pas parce que les autres ont fait leur part, mais parce que tu veux accomplir ce qui te revient.
Que Dieu bénisse notre frère et tous ceux qui honorent leurs parents, qu’ils soient vivants ou décédés.