Objection concernant la peine pour apostasie
Parmi les commentaires curieux qui m’ont récemment interpellé, il y a celui d’un internaute qui, avec l’arrogance de quelqu’un ayant découvert une faille mortelle dans l’islam, a lancé, défiant : « Quelle est la peine pour l’apostasie en islam ? Répondez sans détour, sans esquiver ni supprimer mon commentaire. »
Comme si son interlocuteur allait, terrifié, transpirer à grosses gouttes, les genoux tremblants, et supplier : « Ne me mettez pas dans cette situation, je vous en prie ! », avant de supprimer la question ou de chercher une issue de secours. La réalité est que je plains ces esprits encore plongés dans un profond sommeil, convaincus que le monde est régi par des concepts de liberté absolue illusoires – des concepts que nous avons maintes fois vus, de manière flagrante, n’être que des brèches exploitées à volonté, puis piétinées et jetées aux oubliettes de l’Histoire.
La notion de sacralité dans les systèmes contemporains
De tels commentaires révèlent une ignorance profonde de la réalité et des lois qui régissent les États et les sociétés. Aucun système, aucune nation au monde n’existe sans ses propres sacralités, sans tabous intouchables. Aucun régime ne dirait à celui qui menace ses fondements : « Allez-y, démolissez-nous tranquillement, nous garderons le micro pour vous. »
La vraie question n’est pas de savoir si les États ont des sacralités, mais plutôt : qu’est-ce qui mérite vraiment d’être sacré ? Faut-il sacraliser les caprices humains et les idoles de la modernité, qui s’effondrent au premier conflit d’intérêts ? Ou bien devons-nous sacraliser le droit de Dieu, celui de Son messager, et le droit de la communauté à préserver son unité contre le chaos et la destruction ? Les sacralités sont-elles des prérogatives ajustées au gré des puissants, au détriment des plus faibles ? Ou bien la sainteté émane-t-elle de l’adoration du Seigneur des mondes, dont la loi est vérité et justice, et ne se plie à aucun caprice ?
La réalité de la peine pour apostasie dans la législation islamique
En islam, la peine pour apostasie n’est pas appliquée à celui qui dissimule son incrédulité tout en affichant un respect apparent pour les sacralités. Ce dernier relève de la catégorie des hypocrites, qui ont existé à travers l’Histoire, et dont l’islam ordonne de traiter selon les apparences, sans nous charger d’explorer leurs intentions cachées.
Mais lorsque l’apostasie est proclamée publiquement, elle devient une provocation contre la religion et une porte ouverte à ceux qui disaient :
« Croyez en Celui qui a été révélé aux croyants au début du jour et reniez-le à la fin, afin qu’ils reviennent [à l’incrédulité]. »
C’est une rupture de l’unité de la communauté.
Remarquez que, dans tout cela, je ne peux évoquer la peine pour apostasie qu’allusivement. Pourquoi ? Parce que les plateformes de réseaux sociaux, qui nous interdisent d’exposer les limites fixées par Dieu, le font pour protéger leurs propres sacralités « humanistes », aux critères doubles.
Que ce questionneur sache donc qu’il n’y a, dans notre cœur, aucune gêne envers quelque législation islamique que ce soit – grâce à Dieu –, bien au contraire : nos cœurs sont emplis de fierté pour elles, et cette fierté coule dans nos veines. Le problème vient de ces esprits sur lesquels se sont accumulées doutes et passions, au point que leur balance morale est brisée : ils détestent la vérité et aiment le mensonge, voient le désordre comme une clémence et la fermeté de la charia comme une cruauté.
Il nous faut donc redresser cette balance défectueuse et retrouver la nature originelle, purifiée. Alors, ces gens comprendront le sens de la parole de Dieu :
« Veulent-ils donc le jugement de l’ère de l’ignorance ? Qui est meilleur que Dieu pour rendre la justice, pour un peuple qui a la certitude [de la vérité] ? »
Paix.