Contradiction entre les apparences et les droits des employés
Vous pouvez construire une mosquée avec votre fortune tandis que les maisons de vos employés se lézardent sous le poids de la pauvreté, de la dette et des problèmes engendrés par les difficultés financières. Certains employeurs versent à leurs employés un salaire qui ne suffit même pas à couvrir leurs besoins les plus élémentaires, alors qu’ils sont prêts, eux, à dépenser des centaines de milliers de dinars pour construire et décorer une mosquée.
Frère entrepreneur, prenez garde à ne pas devenir un capitaliste sans même vous en rendre compte. Dans le capitalisme, les êtres humains ne sont considérés que comme des mains d’œuvre, de simples outils : si nous trouvons des mains moins chères, nous les employons ; si une machine peut nous remplacer, nous nous en débarrassons. Tout se réduit à l’offre et à la demande, et si quelqu’un ne convient pas, il y a toujours quelqu’un d’autre pour le remplacer.
Vision islamique du travail et de l’argent
En revanche, lorsque vous réfléchissez en tant que musulman, vous savez qu’il existe une campagne systématique d’appauvrissement visant à soumettre les peuples et à les affamer pour les éloigner de leur religion et de leurs valeurs morales. Vous comprenez alors que sauver des âmes de la pauvreté, c’est les sauver de l’impiété. Assurer le bien-être de vos employés est une forme de soutien à la religion et une lutte contre les ennemis de la communauté. En vous rapprochant de Dieu, vous préservez ainsi la dignité des familles, la cohésion des foyers, le respect des pères face à leurs épouses et à leurs enfants, leur capacité à subvenir aux besoins du ménage, et vous permettez aux jeunes de se marier pour se préserver des vagues de tentations charnelles.
Dans tout cela, rappelez-vous que vous êtes un dépositaire de ces biens, comme le dit le Très-Haut :
« Croyez en Dieu et en Son messager et dépensez de ce dont Il vous a fait dépositaires. Ceux d’entre vous qui croient et dépensent auront une grande récompense. »
(Sourate 57, verset 7)
Responsabilité des propriétaires d’institutions éducatives et pédagogiques
Vous pouvez trouver un directeur d’école qui maudit les ennemis de la nation, tout en versant aux enseignants et enseignantes un salaire insuffisant pour couvrir leurs besoins. Il ne leur laisse ni la sérénité d’esprit ni la force nécessaire pour accomplir leur mission, puis il s’attend à ce qu’ils forment un rempart contre les complots des ennemis visant les esprits de leurs enfants !
Lorsque vous réfléchissez en tant que musulman, vous seriez honteux de verser à un employé un salaire qui s’épuise à la mi-mois et ne lui évite pas de frapper aux portes des autres pour emprunter. Si vous en avez les moyens, augmentez-le, tout en méditant ces paroles de Dieu :
« Et ne réduisez pas injustement les biens des gens. »
(Sourate 26, verset 183)
La bénédiction dans la bienveillance envers les employés
Frère homme d’affaires, et si Dieu vous éprouvait en touchant à vos enfants pour qui vous amassez ces richesses, ou en vous privant de la santé qui vous permet de profiter de votre argent ? Peut-être qu’une prière d’un employé dont vous avez préservé la dignité détournera de vous un malheur que vous ne connaissez même pas.
Je connais une personne très chère à mon cœur. Peu lui importe combien les autres versent à leurs employés dans le même secteur que le sien. Ce qui compte pour elle, c’est de leur assurer de quoi subvenir à leurs besoins, de leur donner le sentiment d’être estimés. Grâce à Dieu, son commerce prospère et est béni, alors que tant d’autres voient leurs affaires décliner.
Je sais que la situation est difficile, même pour de nombreux chefs d’entreprise. Pourtant, certains continuent de savoir honorer leurs employés. Souvenez-vous : « Ceux qui font miséricorde seront l’objet de la miséricorde du Tout-Miséricordieux. Montrez de la miséricorde à ceux qui sont sur Terre, et Celui qui est au Ciel fera preuve de miséricorde envers vous. » Et dans un hadith rapporté par Boukhari et Muslim, le Seigneur dit : « Ô fils d’Adam, dépense ! Je dépenserai pour toi. »
Puisse certains de nos frères entrepreneurs s’engager à appliquer ces paroles après les avoir entendues, et se rapprocher ainsi de Dieu en assurant le bien-être de leurs employés, devenant ainsi un exemple pour les autres.
Paix.