"Erreur de nuit et passe" - Quand la maison commence sans boussole
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« Une erreur pour une nuit et c’est oublié »… Non, pas si c’est la nuit du mariage ; celle-ci n’est pas qu’une simple fête, mais une déclaration de pacte. Lorsqu’une institution est créée, elle a un pacte ; les partenariats entre les gens ont un pacte, alors comment en serait-il autrement pour l’institution du mariage ? Une nouvelle famille, des enfants, une éducation, des liens de parenté, des droits et des devoirs, la résolution des conflits ; tout cela nécessite un pacte auquel se référer.
Si les deux époux commencent ce pacte par une désobéissance qu’ils savent telle, avec une intention et une préparation préalable à l’idée que « cette nuit, nous fermerons les yeux sur les limites d’Allah », alors ce n’est pas simplement une question de tolérance envers quelques péchés et que cela passe, mais c’est un message dangereux au moment de la déclaration du pacte : les limites d’Allah ne gouvernent pas notre foyer. Dès le premier jour, vous n’avez pas fait des limites d’Allah quelque chose qui vous gouverne et régule votre comportement, mais vous en avez fait quelque chose de négligeable selon votre humeur.
Allah le Très-Haut a fait de la famille une structure fondée sur Ses limites. Concernant le divorce par rachat (khul’), Il dit : « Si vous craignez qu’ils ne puissent maintenir les limites d’Allah, alors il n’y a aucun péché contre elles deux pour ce qu’elle a payé pour se racheter. » Et concernant la reprise après un divorce, Il dit : « Il n’y a aucun péché contre elles deux si elles se reprennent, s’ils pensent pouvoir maintenir les limites d’Allah. »
Dix endroits dans le Coran mentionnent les « limites d’Allah » en lien avec le mariage et ses alentours. Remarquez que la famille, depuis sa fondation jusqu’à son divorce et sa reprise, est entièrement gouvernée par les limites d’Allah.
Si les limites d’Allah ne sont pas présentes lors de la déclaration du pacte, quand le seront-elles ? Demain, lorsqu’un conflit éclatera : qui arbitrera entre vous ? Le droit ne sera-t-il invoqué « à la demande » que lorsqu’il correspond à vos désirs ? Vous avez invoqué le droit parce qu’il servait vos intérêts, et votre épouse a décidé de ne pas l’invoquer parce qu’il ne lui convenait pas, ou inversement. Puis viendront vos familles et les leurs, vos amis et les leurs, et si les limites d’Allah disparaissent et que les passions gouvernent, la maison se déchirera.
C’est cette manière de traiter les limites d’Allah — au niveau familial, social et politique — qui nous a valu l’humiliation et le manque de valeur : invoquer la loi d’Allah quand on en a besoin, puis la remettre sur l’étagère quand elle contredit nos humeurs.
Quelqu’un pourrait dire : « Si nous sommes faibles et n’avons pas la force de nous opposer à nos familles qui insistent sur des choses interdites la nuit du mariage, nous avons cédé sous la pression. Ou, franchement, nous avons nous-mêmes aimé nous réjouir, même au prix de désobéir à Allah. Est-ce que cela signifie que notre foyer est condamné à l’échec pour la vie ? Est-ce que c’est (foutu, foutu) ? »
Il n’y a pas de « foutu, foutu » en Islam. On doit toujours se repentir et se corriger dans sa vie. Mais si la construction est erronée dès le départ, vous vous rendrez la vie très difficile. Ne cherchez pas à vous justifier pour éviter les limites d’Allah, car c’est en votre intérêt et en celui de vos enfants, dans ce monde et dans l’au-delà : « Ô hommes ! C’est vous les pauvres envers Allah, et c’est Allah qui est le Richissime, le Digne de louange. » Nous sommes pauvres envers Sa loi, Ses limites et Sa lumière.
Le problème n’est pas « une erreur pour une nuit et c’est oublié ». Le problème est : commençons-nous notre foyer par une déclaration d’adoration d’Allah ou par une déclaration de désobéissance au moment de sa fondation ?
Est-ce à dire qu’il ne nous est pas permis de commettre aucune erreur dans notre vie ? Non. « Tous les fils d’Adam commettent des erreurs », mais il y a une différence entre des erreurs passagères puis un retour vers le chemin dont les limites d’Allah sont les garde-fous, et le fait de commencer le chemin à l’envers, sans limites ni boussole, dès la déclaration du pacte.
Paix soit sur vous.