Introduction: Un message aux assiégés en Syrie
Paix soit sur vous et la miséricorde d'Allah et ses bénédictions.
Ces mots s'adressent à mes frères assiégés dans les zones syriennes concernant ce qu'on appelle la "réconciliation" avec la machine de destruction. Celui dont la main est dans l'eau n'est pas comme celui dont la main est dans le feu, et celui qui compte les coups n'est pas comme celui qui les reçoit ; je le sais bien, mes frères, c'est pourquoi je ne suis pas venu pour vous parler de patience et de persévérance, car même vos enfants m'apprennent, et apprennent à la nation, ces significations de manière pratique.
Je veux plutôt vous rappeler ce qui se trame contre vous pour que vous preniez vos décisions en toute connaissance de cause, et que nous étudiions comment certaines zones ont réussi à gérer le siège pour généraliser les facteurs de succès. Je ne suis pas venu pour vous dire de patienter pendant que vous perdez votre vie terrestre pour votre vie future, mais pour vous mettre en garde contre un piège qui veut vous faire perdre votre vie terrestre et votre vie future ensemble. Venons voir comment nous pouvons sauver ce que nous pouvons de nos vies terrestres et futures, car ce message est plus une prise de conscience qu'une exhortation. Allah, l'Exalté, a dit : {Ô vous qui avez cru, prenez vos précautions.}
Le plan du régime nassérien avec les zones assiégées
Comprenez le plan de la machine de destruction nassérienne avec les zones assiégées au cours de la période passée, qui s'est appuyé sur plusieurs axes :
Le premier axe : la politique de la faim et de la division communautaire
Le régime a commencé par un siège complet qui a duré deux ans à Homs et huit mois dans la campagne de Damas, avec des bombardements continus. Ensuite, le régime a proposé à certaines zones d'introduire un peu de nourriture, se prétendant humain, et a demandé aux combattants de ne pas tirer du côté par lequel passaient les secours. Cette demande semblait logique, sans concession ni trahison, alors la pression des civils sur les combattants pour accepter a augmenté.
C'est ici que le piège a commencé ; les habitants d'autres zones qui ne s'étaient pas rendues sont venus partager la nourriture avec leurs frères, alors la nourriture s'est épuisée rapidement, surtout que le régime n'en faisait entrer que de très petites quantités. Avec la pénurie de nourriture, certains habitants des zones rendues se sont lassés de leurs frères venus, et ont commencé à former des forces pour les empêcher de venir partager la nourriture. C'est ainsi que le régime a réussi à créer une division entre les habitants, et les autres ont commencé à presser leurs combattants pour accepter une trêve similaire après avoir vu leurs frères s'approprier la nourriture à leur place.
Le deuxième axe : frapper le moral et la démoralisation
Le régime a travaillé à frapper le moral par :
- la création de groupes armés : qui prétendent faire la révolution mais attendent ses instructions, et avec le début de la trêve, ces groupes ont immédiatement rendu leurs armes pour ébranler la confiance des autres combattants et leur donner un sentiment d'effondrement.
- la propagande médiatique : le régime a insisté pour capturer des images de combattants serrant la main des membres de l'armée régulière pour montrer la reddition.
- la diffusion des doutes : à Homs, le régime a permis à ceux qui se rendaient de vivre dans les zones sous son contrôle après avoir obtenu des informations d'eux, afin de créer des doutes parmi les défenseurs et de saper leur moral.
Le troisième axe : isoler les combattants de leur base populaire
Le régime a réalisé cela en permettant aux combattants de sortir en échange de la reddition de leurs armes, tandis qu'il a refusé la sortie des civils et tué ceux qui tentaient de sortir. Certains habitants ont alors commencé à se précipiter pour obtenir une pièce d'arme afin de la rendre en échange d'une sortie sûre, ce qui a créé un grand fossé entre le combattant et sa famille.
Les gains du régime de ces trêves
- Médiatiquement : montrer sa capacité à reprendre le contrôle et à conclure des accords, ce qui sert ses alliés à l'échelle internationale et régionale.
- Militairement : calmer certains fronts pour rediriger ses soldats vers les zones "têtues" sans perdre son siège sur les zones rendues, tout en les gardant sous sa merci pour y revenir à tout moment.
- L'obscurcissement : isoler les zones médiatiquement et couper Internet et l'électricité pour faciliter la répétition de ces pièges dans d'autres zones.
Les facteurs de succès de la résistance dans les zones assiégées
Quels sont les facteurs de succès des musulmans dans certaines zones qui ont fait échouer les plans du régime ? Plusieurs points sont apparus comme étant la cause de la stabilité de ces zones :
Premièrement : la férocité dans la défense et l'initiative offensive
Les combattants dans ces zones n'ont pas désespéré, mais se sont tenus ensemble et se sont adaptés à la nouvelle situation, passant de la défense à l'attaque. Ils avaient des atouts pour négocier, ce qui a poussé le régime à accepter des trêves avec des concessions de sa part pour réduire ses pertes. Ainsi, dans la Ghouta orientale et Al-Mazzeh, le régime a été contraint d'introduire de la nourriture quotidiennement en échange d'un simple cessez-le-feu, sans la reddition d'une seule personne ou d'une seule arme.
Deuxièmement : la solidarité sociale entre les zones
Les habitants de Al-Mazzeh ont donné un modèle magnifique ; malgré leur reddition et l'introduction de nourriture, ils l'ont partagée avec leur voisine "Daria" qui ne s'était pas rendue. Les habitants de Al-Mazzeh ont su que la trêve les avait temporairement sortis du cercle des combats, alors le régime a dirigé son poids vers Daria, mais ils n'ont pas été avares avec leurs frères en provisions, ce qui a fait échouer le plan du régime d'utiliser la faim comme arme pour les diviser.
Troisièmement : la gestion civile avisée des combattants
Les combattants se trompent s'ils pensent que leur mission se limite à l'aspect militaire ; cela aide le régime à leur retirer le tapis de sous les pieds. À "Douma" dans la Ghouta orientale, les factions ont coopéré pour :
- empêcher la monopolisation des biens et combattre les marchands de guerre.
- créer des projets de développement, agricoles et creuser des puits pour fournir des alternatives.
- établir des points de contrôle communs pour garantir que certaines factions ne monopolisent pas les ressources et ne fassent pas chanter les gens.
Lorsque les gens voient de la justice dans la distribution des ressources rares, ils deviennent plus capables de patience et de persévérance derrière leurs combattants.
Quatrièmement : la fermeté avec les partisans de la démoralisation
La fermeté était nécessaire avec ceux qui appellent à des trêves individuelles qui divisent les rangs, comme cela s'est passé à "Jobar". Cependant, cette fermeté doit avoir deux préalables :
- s'efforcer de répondre aux besoins fondamentaux des gens.
- ne pas surcharger les gens au-delà de leurs capacités ; ceux qui veulent évacuer les civils ne doivent pas être empêchés, comme cela s'est passé à Daria où trois mille personnes sont restées sur cent mille, et les combattants n'ont pas forcé les autres à rester sous les bombardements et la faim.
Cinquièmement : l'unité de la décision collective
Dans les cas de siège sévère comme à Homs, il est nécessaire de prendre une décision collective. Une décision collective unie - même si elle n'est pas idéale - est préférable à la division des individus et à leur reddition un par un, ce qui permet au régime d'obtenir des informations qui nuisent à ceux qui restent en défense.
La vérité sur le régime : la trahison est sa nature
Il ne faut pas oublier que le régime qui prétend offrir une aide humanitaire est le même qui a tué 1200 hommes au passage de "Tariq al-Yalda" au sud de Damas, et a arrêté 700 femmes dont 70 ont été violées. La trahison est sa nature innée, et s'il fait la paix aujourd'hui, il ouvrira les dossiers de tout le monde demain, car il n'a pas oublié les dossiers de l'année 1982, et n'oubliera pas ceux qui se sont rebellés contre lui aujourd'hui. Le système international n'est pas seulement silencieux à son sujet, mais il est complice avec lui.
Le rôle des combattants et des prédicateurs dans la consolidation
- Le désintéressement des combattants : La bonne conduite des combattants avec leurs familles et le fait de leur montrer du désintéressement jouent un grand rôle dans la consolidation. Les compagnons du Prophète ﷺ ont enduré avec lui dans la vallée d'Abu Talib et dans la tranchée, le voyant souffrir de la faim plus qu'eux. Les soldats du régime font maintenant semblant d'avoir de bonnes manières dans les zones rendues pour que les gens les comparent aux combattants, alors que nos frères ne doivent pas être une tentation pour leur peuple par leur mauvaise conduite ou leur avidité pour l'argent.
- Le rôle des prédicateurs : Les instances religieuses et les prédicateurs doivent jouer leur rôle en encourageant à la patience et en expliquant les mécanismes de gestion du siège, comme cela s'est passé dans la Ghouta orientale.
Conclusion et recommandations
Frères, notre combat contre le mal est long, et les options disponibles ne nous offrent ni une vie confortable ni une sécurité absolue contre les criminels, même si des concessions sont faites. Le "paradis" que le régime propose aux zones de siège pour une capitulation n'est qu'un paradis de l'imposteur ; quiconque y entre le trouvera un feu, même après un certain temps.
Les compromis ne stoppent pas le mal du régime, mais lui donnent du temps pour s'occuper des résistants, puis il revient avec trahison envers les pacifiques. Que nos frères prennent tout cela en compte, et qu'ils s'efforcent de s'unir et de s'entraider, car la victoire est avec la patience, et le soulagement vient avec la détresse, et avec la difficulté vient la facilité.
Je demande à Dieu de soulager la détresse de nos frères d'une manière qu'ils ne s'y attendent pas, et de nous aider, ainsi que la nation, à accomplir notre devoir envers eux.
Paix soit sur vous, ainsi que la miséricorde de Dieu et ses bénédictions.